Voiture électrique de société : ce que prévoit la fiscalité en 2026

Oct 26, 2026 | Fiscal & juridique

Fiscalité voiture électrique entreprise : véhicule électrique de société en recharge

Une voiture électrique coûte plus cher à l’achat qu’un modèle thermique équivalent. La fiscalité de la voiture électrique en entreprise compense une bonne partie de l’écart : pas de malus, pas de taxes annuelles, un plafond d’amortissement plus élevé, une TVA récupérable en totalité sur la recharge et un avantage en nature réduit pour le salarié. Voici les règles applicables en 2026, avec des exemples chiffrés, et ce qui pourrait changer en 2027.

À l’immatriculation : ni malus CO2, ni malus au poids

Une voiture de tourisme neuve immatriculée en France supporte en principe deux malus. Le malus CO2 va en 2026 de 50 € (à partir de 108 g/km en norme WLTP) à 80 000 € au-delà de 191 g/km. Le malus au poids frappe la masse en ordre de marche au-delà de 1 500 kg.

Les voitures 100 % électriques échappent aux deux. Pour le malus au poids, la loi de finances pour 2026 a élargi l’exonération : depuis le 1er mars 2026, toutes les voitures électriques en bénéficient, qu’elles soient ou non classées « à faible empreinte carbone ». C’est un vrai sujet pour les SUV électriques, que le poids des batteries place souvent au-delà de 2 tonnes.

Les hybrides ne sont pas exonérées. Elles bénéficient seulement d’un abattement sur la masse taxée : 200 kg pour une hybride rechargeable offrant plus de 50 km d’autonomie électrique, 100 kg pour une hybride non rechargeable.

Sur la carte grise, la taxe fixe de 11 € reste due. La taxe régionale, elle, peut être réduite de moitié ou supprimée pour les véhicules électriques sur décision du conseil régional. Le montant dépend donc de la région de l’établissement auquel la voiture est affectée.

Taxes annuelles sur les véhicules de société : zéro pour une électrique

Deuxième volet de la fiscalité de la voiture électrique en entreprise : les taxes annuelles. Les entreprises qui utilisent des voitures de tourisme paient chaque année deux taxes, qui ont remplacé l’ancienne TVS : une taxe sur les émissions de CO2 et une taxe sur les émissions de polluants atmosphériques. Elles visent aussi les voitures personnelles des salariés ou dirigeants lorsque l’entreprise rembourse leurs frais kilométriques au-delà de 15 000 km par an.

Une voiture qui fonctionne exclusivement à l’électricité est exonérée de la taxe CO2 et classée, pour la taxe polluants, dans une catégorie au tarif nul. L’écart est net. Pour une voiture essence de 145 g de CO2/km, la taxe CO2 2026 atteint 1 433 € et la taxe polluants 130 €, soit 1 563 € par an. Pour un diesel, la taxe polluants passe à 650 €. Ces taxes ne sont pas déductibles du résultat imposable : c’est un coût sec.

Les hybrides ne profitent plus d’aucune exonération depuis 2025 et sont taxées selon leurs émissions, comme les thermiques.

Exonération ne veut pas dire absence de formalité. L’entreprise doit tenir un état récapitulatif des véhicules entrant dans le champ des taxes, sur lequel les véhicules exonérés apparaissent à part, avec le motif et la période d’exonération. Ce document est remis à l’administration à sa première demande. Lorsque le montant d’une taxe est nul, il n’y a en revanche rien à déclarer.

Amortissement : un plafond de déduction porté à 30 000 €

En matière de fiscalité de la voiture électrique en entreprise, l’amortissement est souvent le poste le plus sensible. L’amortissement d’une voiture de tourisme n’est déductible que sur une fraction de son prix d’achat TTC. Le plafond dépend des émissions de CO2 : 9 900 € pour les véhicules les plus émetteurs, 18 300 € pour la plupart des thermiques récentes, 20 300 € entre 20 et 50 g/km (cas fréquent des hybrides rechargeables) et 30 000 € en dessous de 20 g/km, ce qui couvre les voitures électriques.

Exemple. Une voiture électrique achetée 45 000 € TTC et amortie sur cinq ans donne une annuité de 9 000 €. La part non déductible est de 9 000 × (45 000 − 30 000) / 45 000, soit 3 000 € à réintégrer chaque année. Au même prix, une thermique de 145 g/km est plafonnée à 18 300 € : la réintégration monte à 5 340 € par an.

Deux précisions utiles. Si la batterie est facturée séparément ou identifiée distinctement sur la facture, son coût sort du prix soumis au plafond. Et pour une voiture louée, la même limite s’applique à la part du loyer qui correspond à l’amortissement. Les autres charges (entretien, assurance, recharge) restent déductibles sans limite.

TVA : la recharge récupérable à 100 %

La TVA payée sur l’achat ou la location d’une voiture de tourisme n’est pas récupérable, quelle que soit la motorisation. Celle qui grève l’électricité consommée par une voiture 100 % électrique l’est en revanche en totalité, dès lors que la voiture sert à des opérations ouvrant droit à déduction. La règle vaut aussi pour une électrique prise en location. À titre de comparaison, la TVA sur l’essence et le gazole n’est récupérable qu’à 80 %.

Voiture de fonction : un avantage en nature allégé

Lorsqu’un salarié peut utiliser sa voiture de fonction le soir, le week-end ou pendant ses congés, cet usage privé constitue un avantage en nature soumis à cotisations et à l’impôt sur le revenu. Pour une voiture mise à disposition depuis le 1er février 2025, le forfait annuel est de 15 % du prix d’achat TTC, ou 50 % du coût annuel de la location, de l’entretien et de l’assurance pour une voiture louée.

Pour une électrique, deux règles réduisent l’addition jusqu’au 31 décembre 2027. L’électricité payée par l’employeur pour la recharge n’est pas comptée. Et un abattement s’applique : 70 %, plafonné à 4 641,60 € en 2026, en cas d’évaluation forfaitaire ; 50 %, plafonné à 2 026,30 €, en cas d’évaluation sur les dépenses réelles. Depuis le 1er février 2025, cet abattement est réservé aux modèles qui respectent un score environnemental minimal et figurent à ce titre sur la liste fixée par arrêté (voir le Bulletin officiel de la Sécurité sociale). Un modèle hors liste n’ouvre droit à aucun abattement, mais la recharge reste exclue du calcul.

Exemple. Voiture électrique éligible achetée 40 000 € TTC. Forfait de 15 % : 6 000 €. Abattement de 70 % : 4 200 €, sous le plafond. L’avantage en nature retenu est de 1 800 € par an. Au même prix, une thermique dont l’employeur paie le carburant est évaluée à 20 %, soit 8 000 € par an.

La borne de recharge mise à la disposition du salarié, sur le lieu de travail ou ailleurs, bénéficie par ailleurs d’un régime social de faveur jusqu’au 31 décembre 2027.

Voiture personnelle : indemnités kilométriques majorées de 20 %

Le salarié qui utilise sa propre voiture électrique pour ses déplacements professionnels peut être remboursé sur la base du barème kilométrique fiscal majoré de 20 %. Dans cette limite, les indemnités échappent aux cotisations sociales.

Flottes de 100 véhicules et plus : une taxe pour accélérer le verdissement

Depuis le 1er mars 2025, les entreprises qui disposent d’au moins 100 véhicules légers paient une taxe annuelle si la part de véhicules à faibles émissions dans leurs acquisitions récentes reste sous un objectif national : 18 % en 2026, 25 % en 2027, 30 % en 2028, 35 % en 2029 et 48 % en 2030. Le tarif de base est de 4 000 € en 2026 et 5 000 € à partir de 2027, multiplié par l’écart à l’objectif et par le taux de renouvellement de la flotte. Les électriques « à faible empreinte carbone » comptent davantage dans le calcul. Contrairement aux deux taxes annuelles, celle-ci est déductible.

Utilitaires électriques de 2,6 tonnes et plus : un suramortissement

Pour les utilitaires et poids lourds électriques ou à hydrogène acquis neufs entre 2025 et 2030, l’entreprise peut déduire en plus de l’amortissement une fraction du surcoût par rapport à un véhicule diesel comparable : 40 % entre 2,6 et 3,5 tonnes, 115 % entre 3,5 et 16 tonnes, 75 % au-delà. Le dispositif est soumis au plafond européen des aides de minimis.

Ce qui pourrait changer en 2027

Pour les thermiques, le durcissement du malus CO2 est déjà voté : à partir de 2027, le seuil de déclenchement descendra à 103 g/km et le montant maximal passera à 90 000 € au-delà de 189 g/km. L’écart avec l’électrique se creusera donc encore.

Le projet de loi de finances pour 2027, en cours de discussion, prévoit deux mesures à suivre. La première soumettrait à la TVA, sur la base de sa « valeur normale », la mise à disposition d’une voiture de fonction contre une participation du salarié ou du dirigeant inférieure à cette valeur, à compter du 1er janvier 2027. La seconde recentrerait le suramortissement des utilitaires sur l’électrique et l’hydrogène en réduisant l’avantage accordé au gaz naturel, au biométhane, à l’ED95 et au B100. Ces mesures peuvent encore évoluer au Parlement.

Fiscalité de la voiture électrique en entreprise : le résumé

Poste Voiture 100 % électrique Voiture thermique
Malus CO2 à l’immatriculation Exonérée Dû dès 108 g/km (WLTP, 2026)
Malus au poids Exonérée Dû au-delà de 1 500 kg
Taxe régionale carte grise Réduite ou nulle selon la région Plein tarif
Taxes annuelles CO2 + polluants 0 € 1 563 €/an pour une essence de 145 g/km
Plafond d’amortissement déductible 30 000 € TTC 18 300 € ou 9 900 € selon CO2
TVA sur l’énergie Récupérable à 100 % Récupérable à 80 %
Avantage en nature (forfait) Abattement 70 %, plafond 4 641,60 € ; recharge exclue Pas d’abattement ; carburant inclus
Indemnités kilométriques Barème majoré de 20 % Barème normal

Fiscalité de la voiture électrique en entreprise : questions fréquentes

Une voiture électrique de société paie-t-elle la taxe CO2 ?

Non. Une voiture fonctionnant exclusivement à l’électricité est exonérée de la taxe annuelle CO2 et sa taxe polluants est nulle. Elle doit toutefois figurer sur l’état récapitulatif des véhicules tenu par l’entreprise.

Quel est le plafond d’amortissement d’une voiture électrique ?

30 000 € TTC pour les véhicules émettant moins de 20 g de CO2/km. Au-delà, la fraction d’amortissement correspondante est réintégrée au résultat fiscal.

La TVA sur la recharge d’une voiture électrique est-elle récupérable ?

Oui, à 100 %, si la voiture est utilisée pour des opérations ouvrant droit à déduction. La TVA sur l’achat ou la location de la voiture elle-même ne l’est pas.

Une hybride rechargeable bénéficie-t-elle des mêmes avantages ?

Non. Elle paie les taxes annuelles et le malus CO2 selon ses émissions, et seulement un abattement de 200 kg sur le malus au poids. Son plafond d’amortissement est de 20 300 € si elle émet entre 20 et 50 g/km.

Ces règles se combinent différemment selon le prix du véhicule, le mode de financement et l’usage privé qui en est fait. Avant d’acheter ou de signer une location, faites chiffrer le coût complet avec votre expert-comptable Comptagesma.